L'ARCAM,
une association ministérielle pour le développement de la
musique en Provence, nous avait convaincu de
participer à une concentration des acteurs locaux du domaine
musical. Pour des besoins de lumière contrôlée, je
m'étais retrouvé dans la crypte sous l'église en
compagnie de Jaques Dudon. Il présentait de curieux dispositifs
rotatifs qui produisaient une musique harmonique avec la lumière
de bougies ou de lampes de poche. Des disques ajourés aux
élégantes perforations spiralées permettaient de
changer les timbres et la structure musicale. Dans ce lieu
séculaire, obscur et humide, à la lueur des bougies,
l'expérience sonore avait quelque chose de magique. Dans une
salle contigüe, j'avais installé mon dispositif de
caméra musicale qui filmait une série de dalles au sol.
En attendant le client, ou le curieux, nous causions et il m'expliqua
le fonctionnement de ses disques sonores. Il n'utilisait aucun
synthétiseur, juste des cellules photo-électriques
placées derrière les disques perforés et
branchés directement sur des amplis. La vitesse de rotation des
disques transformait la cellule en une sorte d'oscillateur
mécanique. C'est lui qui me suggéra d'employer le
système MIDI pour la génération des sons dans mon
dispositif. Ce que j'allais faire bientôt, en remplacement de la
carte son de mon ordinateur.